Attention au sectarisme de nos églises.

Toutes les associations qui luttent contre les manipulations mentales et les comportements sectaires constatent qu’il n’est pas facile de sortir d’un groupe à tendance sectaire. Tout est mis en œuvre par le groupe pour garder en son sein l’adepte.
Sans entrer dans l’analyse de toutes les formes de manipulation qui peuvent être exercées dans ce domaine, il nous incombe à nous chrétiens évangéliques de balayer devant notre porte. A ce sujet, il faut nous poser la question suivante : « Ceux qui fréquentent nos églises évangéliques se sentent-ils libres d’en sortir ? »

Il me semble que, d’une manière générale, les fidèles des églises évangéliques ne subissent pas de pression psychologique ni de manipulation mentale et peuvent en toute liberté quitter leur église s’ils le souhaitent. Cependant, force est de constater, qu’il existe une forme de culpabilisation pour retenir les fidèles et certains pasteurs en usent et en abusent en utilisant un verset de la Bible :

« N’abandonnons pas notre assemblée comme c’est la coutume de quelques-uns. » (Hébreux 10.25)

Il me semble utile de considérer ce texte dans son contexte afin de ne pas l’utiliser comme une forme de manipulation qui tendrait à retenir ceux qui souhaiteraient aller ailleurs.
Avant de revenir sur le verset 25, laissons-nous imprégner par le contexte de tout ce passage biblique. Remontons au chapitre 9 et au verset 28 qui introduit très bien le chapitre 10 et donc la pensée de l’auteur sur le chapitre qui suit :

« De même Christ, qui s’est offert une seule fois pour
porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur
salut. » (Hébreux 9.28)

Il nous faut bien enregistrer que l’auteur fait allusion à la grande espérance des chrétiens, mentionnée dans le crédo de Nicée : « …Il (Jésus) est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. » Jésus doit
revenir ! C’est l’espérance des croyants et c’est la promesse de Jésus. C’est cette espérance qui est mentionnée par l’auteur dans Hébreux 10.23 :

« retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. »

La promesse est celle de Jésus à ses disciples :

« Et lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. » (Jean14.3)

Il convient de souligner que ce verset 25, se termine avec ces mots : « D’autant plus que vous voyez s’approcher le jour. » Or dans les Evangiles comme dans les épitres le jour qui est proche est toujours celui qui est en relation avec le jour de Sa venue. Voici une longue liste de versets qui mentionnent ce jour :

Luc 17:24 ; Luc 17:30 ; Luc 21:34 ; Actes 2:20 ; Actes 17:31 ; Romains 13:12 ; 1 Corinthiens 1:8 ; 2 Corinthiens 1:14 ; Philippiens 1:5 ; Philippiens 1:6 ; Philippiens 1:10 ; Philippiens 2:16 ; 1 Thessaloniciens 5:2 ; 1 Thessaloniciens 5:4 ; 2 Thessaloniciens 1:10 ; 2 Thessaloniciens 2:2 ; 2 Timothée 1:12 ; 2 Timothée 1:18 ; 2 Timothée 4:8 ; 2 Pierre 1:19 ; 2 Pierre 3:10 ; 2 Pierre 3:12.

En poursuivant l’examen du contexte de ce verset 25, il faut nous arrêter sur les versets 36 et 37 de
ce chapitre 10 :

« sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours. N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. Car vous avez besoin de persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. »

Pourrait-on avoir une phrase plus explicite que celle-ci : « Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra. » ? L’auteur rappelle que Jésus, lequel doit revenir selon sa promesse, viendra pour nous introduire dans les lieux célestes, car telle est Sa promesse.
En conclusion ce chapitre 10 de l’épître aux Hébreux fait allusion à cette grande espérance des croyants : Le retour de Jésus Christ et le rassemblement dans les airs de ceux qui croient en Lui.

Ceci ayant été précisé, revenons sur ce verset 25 : « n’abandonnons pas notre assemblée comme c’est la coutume de quelques-uns. »

Le mot culpabilisateur par excellence est le verbe « abandonnons » et le mot auquel est rattaché la notion d’abandon est le mot « assemblée ».

Examinons le sens de ces mots dans le texte grec qui est le texte original. En grec, assemblée se dit « ek-klésia », ce qui signifie littéralement: «appelé hors de». Ce n’est pas ce terme qui est employé par l’auteur de l’épître aux Hébreux dans ce verset.
Le mot employé est « epi-syn-agogè » qui a un tout autre sens ! Dans le vocabulaire du Nouveau Testament, le mot « rassemblement » (en grec « épi-syn-agogè ») a un sens bien précis. Il parle toujours du grand rassemblement auprès du Christ lors de son retour. On retrouve cette expression dans Mat. 24.31 :

« Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront (epi-synago) ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre. »

De même dans Marc 13.27 :

« Alors il enverra les anges, et il rassemblera (epi-syn-ago) les élus des quatre vents, de
l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel. »

Enfin dans 2 Thes. 2. 1 :

« Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui (epi-syn-agogè), nous vous prions, frères… »

Donc Heb. 10 : 25, ne parle pas de l’assemblée terrestre, mais du rassemblement de
tous les chrétiens (Eglise universelle) lors de l’enlèvement.
Le mot epi syn-agoguè est composé du préfixe epi comme dans épiderme ou épitaphe, (au dessus du derme), (au dessus de la tombe). Et de Synagoguè qui est le rassemblement. Donc epi syn-agoguè c’est le rassemblement dans les airs, au dessus de la terre.
Le mot grec « epi-syn-agogè » nous parle du grand Rassemblement, de la récolte qui sera mise au grenier. Et cette récolte sera effectuée par les anges : « les moissonneurs ce sont les anges » (Matt. 13. 39). Cet engrangement n’est pas encore accompli. Car il s’agit du rassemblement futur dans la gloire. En fait, cette exhortation a pour but de diriger nos pensées vers un objectif glorieux (le rassemblement auprès du Seigneur) et nous encourage à ne pas le perdre de vue.

D’ailleurs c’est ce que nous dit le verbe grec qui est traduit par « n’abandonnons pas » et qui signifie littéralement « ne laissez pas derrière » (en-cata-leipo).
Ce texte nous parle de la merveilleuse espérance du rassemblement lors de l’enlèvement auprès du Seigneur. Comme c’est le cas dans la 2° épître aux Thessaloniciens (ch. 2. v 1). Il n’est absolument pas question dans ce texte de réunions dans des locaux terrestre ! L’auteur veut nous voir diriger nos regards et notre espérance vers les choses invisibles et éternelles, vers le tabernacle éternel, vers ce moment merveilleux du retour du Christ.
Nous comprenons pourquoi cette traduction malheureuse sert les intérêts de ceux qui préfèrent « garder le contrôle » sur les brebis pour qu’elles restent passivement toute leur existence dans l’enclos de leur bergerie. Il n’est pas honnête d’enfermer les chrétiens (par un texte mal traduit) dans une pensée qui ne se trouve nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament. Au contraire, toute l’histoire chrétienne est dans une dynamique de séparation d’avec ceux qui ne pensent qu’aux choses de la terre, dans l’espérance d’un rassemblement futur avec le Seigneur « le Jour » de son avènement.

Ce texte mal traduit est brandi au dessus de la tête de ceux qui veulent sortir des églises ou des systèmes dénominationnels avec pour but de développer des dynamiques de peur. Les gens restent alors à leur corps défendant dans des groupes où ils ne se sentent pas en communion avec les autres, où l’enseignement équilibré de la Parole fait défaut, où se pratiquent des choses injustes et s’ils restent c’est uniquement par peur de désobéir à ce texte biblique d’Hébreux 10. 25 ! Or ce texte n’a rien à voir avec une injonction de rester attaché à une assemblée terrestre. En tenant compte de tout ce qui vient d’être dit voici comment on pourrait traduire ce verset :

« Emparons-nous fermement de la profession de notre espérance (concernant Son retour), il est fidèle Celui qui l’a promis. Et veillons les uns sur les autres pour nous stimuler à l’amour et aux bonnes actions, sans abandonner l’attente de notre rassemblement (avec Lui) au dessus de la terre comme quelques-uns en ont (malheureusement) pris l’habitude, mais exhortez-vous mutuellement, d’autant plus que vous voyez le Jour (de son retour) s’approcher. »

Conclusion : L’auteur n’est pas en train d’interdire de sortir d’un groupe, d’une dénomination, d’une assemblée terrestre, pas plus que notre Seigneur n’a cherché à retenir ceux qui voulaient s’écarter de Lui (Jean 6. 67.) ; mais ce texte nous encourage à garder l’espérance du retour en gloire du Fils de Dieu et à nous stimuler les uns les autres à garder nos pensées tournées vers le rassemblement auprès de Jésus, dans les airs. Lu de cette façon, il n’est plus possible de garder les gens enfermés par la peur de désobéir à l’Ecriture. A la place de la crainte d’être considéré comme des déserteurs ou des dissidents, nous sommes au contraire encouragés à vivre dans un esprit de service et d’hospitalité. La communion ne vient pas du regroupement des chrétiens dans un même lieu ou une même organisation, mais elle se vit dans la lumière de Christ, qui nous établit mutuellement en communion : « Si nous marchons dans la lumière, comme Il est Lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion… » (1 Jean 1. 7).

Poursuivons la réflexion. Lorsque certains de ses disciples décident de s’éloigner de Lui à cause de paroles mal comprises, le Seigneur ne met pas en œuvre une manipulation basée sur la crainte pour garder ses disciples, Il n’exhorte pas les douze à « ne pas abandonner leur assemblée » par peur de devenir des « déserteurs », mais il va au contraire leur montrer que la porte est ouverte : « Dès lors, plusieurs de ses disciples se retirèrent en arrière et cessèrent d’aller avec lui. Jésus dit donc aux douze : Et vous, ne
voulez-vous pas aussi vous en aller ? » (Jean 6.66/67)

Qu’est-ce qui nous motive lorsque nous décidons de rester dans une assemblée ?
Est-ce la peur, le ressentiment, la colère, le désir de nuire, l’esprit religieux ou bien est-ce l’amour fraternel, l’amour de l’enseignement, l’amour de la liberté que nous y ressentons ?
Quand je dis que ce fameux texte d’Hébreux 10. 25, n’est pas traduit correctement, c’est parce que le concept qui ressort de cette mauvaise traduction ne se retrouve nulle part ailleurs dans les enseignements du Nouveau Testament. Car si on croit en cette manière de traduire, « ceux qui se retirent » (sous entendu : de l’assemblée), « se perdent » (Heb. 10. 39)… Ceci voudrait dire que c’est l’assemblée qui nous sauve, ou en tout cas que nous ne pouvons pas être sauvé si nous en partons…

Or le salut n’est pas dans l’appartenance à telle ou telle assemblée, mais il est en Christ seul. Ce qui nous sauve, ce n’est pas l’église locale mais c’est le Christ Jésus par son sacrifice à la croix. L’adage « hors de l’église point de salut », qui vient de l’évêque Cyprien, évêque de Carthage au IIIe siècle, n’a rien à voir avec le cœur de l’évangile. Ce qui nous sauve et nous garde en Vie, c’est Jésus et non le fait d’être ensemble dans un lieu donné et d’appartenir à telle ou telle église ou dénomination. Nous pouvons nous trouver dans un même lieu, partager le même pain et le même vin, chanter les mêmes cantiques, écouter les mêmes prédications, mais si nous ne sommes pas en communion avec le Seigneur, nous serons peut être ensemble sur la terre mais qu’en sera-t-il du rassemblement final ?
De deux qui seront dans un même lieu dit l’Ecriture, l’un sera pris et l’autre laissé. (Luc 17.34/36)

Ceux qui brandissent ce texte mal traduit d’Hébreux 10.25, pour empêcher le départ de ceux qui en ont le désir, sont des manipulateurs. Certes il est essentiel de se rassembler ici-bas dans des lieux de célébration et de communion fraternelle. C’est là que Dieu envoie la bénédiction et la vie pour l’éternité. « C’est comme la rosée de l’Hermon, Qui descend sur les montagnes de Sion ; Car c’est là que l’Eternel envoie la bénédiction, La vie, pour l’éternité. » Psaumes 133.3. Mais ce texte de l’épître aux Hébreux n’a pas été écrit pour parler de l’importance de la communion fraternelle, il nous invite à ne pas oublier l’espérance du grand rassemblement dans les airs. Ceux qui utilisent ce texte dans le
sens de ne pas abandonner l’église locale, tordent les Écritures. Or il arrive que certains pasteurs, voyant les fidèles aller dans d’autres « bergeries », utilisent ce texte pour culpabiliser ceux qui veulent quitter leur assemblée. Ceux qui restent, même s’ils sont mal
à l’aise, se résignent croyant obéir à la Parole de Dieu. Or il n’y a aucun Texte de la Bible qui interdise d’abandonner une assemblée qui est sur la terre. Si cela était, les protestants n’auraient jamais du quitter l’église catholique. Les baptistes n’auraient jamais du quitter les églises protestantes etc.

Certes, il existe une quantité de textes qui nous encouragent à vivre la communion fraternelle, partout où nous le pouvons, pour mettre au service des autres le don que nous avons reçu, de façon à nous consoler et nous édifier mutuellement. Si dans un lieu donné je ne vis plus une vraie communion fraternelle, si je ne suis nourri que de remontrances et de culpabilisations dans les sermons, rien ne m’oblige à rester dans un tel lieu. Cependant n’oublions pas que le papillonnage spirituel n’est pas le projet de Dieu pour nous, nous avons besoin d’être attachés à une communion où nous serons bénis et en bénédiction.
Gardons l’objectif de ce chapitre 10 des Hébreux : Relevons ensemble le défi d’être prêts pour sa venue. Ne perdons pas toutes les occasions que nous pouvons avoir de nous encourager les uns les autres afin de garder l’espérance du retour de notre Seigneur Jésus Christ. Il vient sur les nuées du ciel pour nous emmener avec Lui dans la maison du Père.

Source : http://www.nehemie.org

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