Sénégal : Deux missionnaires brésiliens en prison depuis 4 mois pour avoir accueilli et évangélisé des enfants des rues


Le pasteur José Dilson Da Silva entouré de ses protégés talibés (« enfants des rues »)

La famille Dilson Da Silva est missionnaire au Sénégal depuis 8 ans (et 22 ans en Afrique). Ils ont une école (chrétienne) à Dakar dans laquelle 200 enfants sénégalais reçoivent une très bonne éducation. En plus de cela, ils s’occupent plus spécialement d’enfants des rues. Ils ont créé un orphelinat à MBour (Petite-Côte) où ils recueillent des talibés, enfants qui ont quitté leurs maîtres coraniques (marabouts) à cause des mauvais traitements dont ils étaient victimes, et qui ont vécu dans les rues pendant des années, exposés à toutes sortes de dangers (drogues, abus sexuels etc.) ou servant d’autres maîtres qui les forcent à mendier… Dans ce centre ils sont bien nourris, bénéficient d’une éducation, de soins, et reçoivent une formation professionnelle qui les prépare à se réintégrer dans la société par la suite.

En novembre dernier, un des pères de ces talibés a accusé José Dilson de faire du prosélytisme sur mineurs, et de les détourner de la foi coranique parce que son fils refusait de réciter les versets du coran et qu’il avait un comportement de chrétien ! Pas plus s’en est fallu pour le mettre aux arrêts le 6 novembre dans la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Thiès à 70km de Dakar. La « mama » de l’orphelinat, Zeneide Moreira, y est également détenue depuis tout ce temps. Le 6 mars, cela aura fait 4 mois, soit 120 jours qu’ils sont détenus dans des cellules insalubres, mal aérées et surpeuplées…! N’ayant pas été jugés, ni condamnés, les deux demandes de libération provisoire ont été rejetées, ils en ont au mieux pour un mois encore…(?) et l’on rentre dans la saison chaude (+40°) et José a le diabète… !

Vu que le Sénégal est un pays francophone et bien connu des français, il est nécessaire que cette information soit relayée en français sur la toile, car jusqu’à présent, la quasi-totalité des articles les concernant sont en portugais. « Souvenons-nous des prisonniers, comme si nous étions prisonniers nous-mêmes ; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi nous-mêmes dans un corps. » Hébr. 13.43

Prenons connaissance de cette lettre émouvante écrite récemment.

Lettre de José écrite en prison le 27 février 2013

(publiée avec autorisation)

Chers frères et sœurs,

Dieu est grand et miséricordieux. Il ne change pas ou ne cesse pas d’être ce qu’Il est, à cause des problèmes ou des difficultés que je peux rencontrer. Les circonstances de la vie, et qu’importent les difficultés, ne diminuent pas la gloire de Dieu ou de Sa bonté. Je ne peux en aucun cas m’empêcher de regarder vers mon Seigneur et de mettre ma confiance en Lui, mes yeux et mon espoir sont fixés sur Lui. Il est maintenant deux heures du matin, et je ne peux pas dormir. Toutes les nuits sont chaudes, sans espace pour se retourner, c’est extrêmement inconfortable. En dépit de tout cela, je sais que Jésus est à côté de moi, et cela me réconforte. Je vois mes collègues de cellule tous endormis, et je continue à imaginer que Jésus désire avoir un peu de temps avec moi pour nous parler un peu. Ce sont les moments où j’ai la liberté d’exprimer mes frustrations, mes sentiments d’angoisse, mes peurs – quel cher ami, combien je l’aime!

C’est au cours de ces nuits que je vis des combats que vous ne pouvez pas imaginer. Je ressens également la présence de l’ennemi tout proche, chuhotant à mon oreille, me disant que Dieu ne se soucie pas de moi. Quel combat je dois mener contre l’apitoiement sur soi, contre le sentiment de désespoir, de solitude, d’injustice, de colère, et tant d’autres sentiments qui cherchent à me dominer. Je reprends ces batailles mentales dans le nom de Jésus, Celui qui a offert jusqu’à Sa dernière goutte de sang pour moi. Il est infiniment bon, et Sa miséricorde dure à toujours!

Ces batailles ne se livrent pas seulement la nuit, mais également de jour. Il faut avoir beaucoup de courage, d’humilité et, globalement, la grâce du Seigneur, pour résister aux injures, aux actes destinés à nous humilier, à l’arrogance et au mépris. Pendant un certain temps, un homme musulman s’est approché de moi et a commencé à m’agresser verbalement en me disant: «Tu n’es rien. Tu ne sais rien. Et rien de ce que tu enseigne n’a la moindre valeur. Tu es moins que le petit orteil de quelqu’un ici… » Et, par plusieurs autres paroles, il a essayé de m’humilier toujours davantage. Les paroles qu’il a prononcées étaient dures et terribles.

Et tout ce que je lui ai dit: « Oui, vous pouvez continuer. Oui, je suis à l’écoute. Continuez..! » Il est devenu encore plus virulent et a déversé un torrent d’insultes essayant de me noyer dans ses paroles infernales. Après un bref silence, je lui ai demandé: « Avez-vous terminé ? Avez-vous dit tout ce que vous voulez ? Si oui, puis-je parler maintenant ? » D’une voix sévère il répondit: « Parle ! », s’attendant à ce que je lui réponde sur le même ton d’arrogance et de colère.

Alors, j’ai commencé en disant : « Vous avez raison, je suis vraiment rien, je suis moins qu’un grain de sable sale, je suis poussière, je suis un ver, je suis un chiffon sale, je suis un chien mort etc., presque en pleurant, j’ai ajouté: « Mais je veux que tu rencontres quelqu’un qui était tout, qui fut le Créateur de l’univers, plein de gloire, le Seigneur souverain, qui en dépit de tout cela, m’aimait tellement qu’il a donné sa vie pour être insulté, brisé et qui a versé son sang pour moi. Mais pas seulement pour moi, mais pour vous aussi. Vous êtes important pour Lui, et Il vous aime. Il est mort pour vos péchés et est ressuscité d’entre les morts afin que vous puissiez avoir la vie éternelle.»

Lorsque cet homme m’eut entendu, ce fut comme s’il avait reçu un électrochoc de 50.000 volts. Il ne s’attendait pas à cette réaction. Il s’attendait à ce que je lui réplique sur le même ton. Puis, d’une voix douce, il m’a dit: « Je vous ai suivi et ai observé tous vos mouvements au cours du mois passé, j’ai été envoyé pour vous tester, pour voir si vous êtes vraiment un homme de Dieu Et je peux dire que vous êtes cet homme de Dieu dont tout le monde dit que vous êtes. Pour un homme de Dieu, quand il est humilié, Dieu l’exalte. A partir d’aujourd’hui, je vous accorde mon respect!  »

J’ai été bouleversé d’entendre cet homme réciter la Parole de Dieu! Maintenant, il est l’un de mes meilleurs amis. Il n’est pas venu à Christ, mais il ne s’est plus jamais opposé à ce que je partage sur Christ!

Mes chers frères et sœurs, je tiens à vous rappeler que votre vie est cachée en Jésus, peu importe où vous êtes ou dans quelles circonstances vous vous trouvez. Vous vous trouverez peut-être vous-même humilié, incompris, triste, angoissé, malade, face à de nombreux besoins. Je veux vous encourager aujourd’hui: « Déchargez-vous sur Lui, car Il prend soin de vous. » Ne laissez pas l’ennemi recevoir toute la gloire, car le Seigneur est présent, même s’il n’est pas prêt de résoudre votre problème de la façon dont vous l’espérez. Il vous donnera la grâce d’endurer et d’être plus que vainqueur.

Nous devons nous rappeler que notre vie appartient au Christ, et vu qu’Il est le Seigneur depuis que nous Lui appartenons, Il a le droit de nous utiliser comme Il veut, et partout où Il le désire, pour accomplir Sa volonté parfaite. Il est Dieu, le Créateur. En Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être. Quel privilège d’être choisi par Lui pour être dans cet endroit et à ce moment, pour être ses bras, ses pieds, sa bouche afin d’embrasser, d’aider et de montrer la voie à un si grand nombre ici, qui en plus d’être prisonniers, sont tellement dans le besoin de toutes les manières imaginables.

Je tiens à remercier tous mes frères et sœurs qui ont été avec moi dans cette prison. Je peux honnêtement dire que mon plus grand désir était de partir d’ici et de rejoindre ceux que j’aime. Toutefois, j’ai prié la prière de Marie: « Que ta volonté, Seigneur, s’accomplisse en moi. » Et si c’est sa volonté que je reste plus longtemps en prison, afin d’apporter la liberté à ceux qui sont vraiment captifs (physiquement et spirituellement), alors qu’il en soit fait selon SA volonté. Il me donnera la grâce d’y faire face, comme il l’a fait jusqu’ici. Et il donnera la grâce aux frères et sœurs qui nous ont accordé le soutien nécessaire ici.

Je pleure et me lamente sur ma condition de prisonnier, car je préfère être avec ma famille, ma femme, mes enfants, que j’aime profondément. La liberté n’a pas de prix. Comme elle est précieuse! Je l’ai eue pendant tant d’années au cours de ma vie, et je ne savais pas combien elle était importante. Combien j’aurais dû profiter davantage pour passer du temps avec les personnes que j’aime, mais en même temps, je me réjouis d’être un prisonnier pour la cause de l’Evangile.

Les moments de douleur et de besoin, les périodes de maladie, de malaise, de solitude, de larmes … tout sera récompensé lorsque nous irons serrer les mains de centaines de personnes dans la gloire. Lorsque j’ai assisté à l’enterrement d’Amadou (un chrétien du Libéria qui mourut en prison le jour de Noël), j’ai pensé: « Un jour je vais l’embrasser dans sa gloire, et, ensemble, nous allons donner la louange au Seigneur pour Son salut. » Que notre Seigneur et Sauveur que nous avons le privilège de servir reçoive la gloire!

Je tiens à vous remercier pour tous les courriels et messages d’encouragement, messages sur Facebook, les réunions de prière, les contributions et les temps d’intercession pour nous. Seul Dieu peut vraiment vous récompenser.

Je vous aime, chers amis, et même ceux que je n’ai pas encore rencontrés personnellement, mais qui font désormais partie de nos vies, qui ont fait preuve de tant d’amour et d’affection pour moi et pour Zeneide, ainsi que pour Marli (mon épouse bien-aimée) et ma famille (Jonatas, Debora & Zucki). Que le Seigneur continue de toucher vos vies avec la bénédiction.

Que pouvons-nous faire?

– Prier et intercéder jusqu’à leur libération… et au-delà.
– Relayer l’information plus loin.
– Encourager en envoyant un mot sur Facebook. (en français, anglais ou portugais !) ou en écrivant directement aux concernés ; Jose Dilson & Marli josedmarli@me.com (On peut écrire à Zeneide par ce même canal).
– Former un comité de soutien francophone.
– Ecrire aux autorités compétentes. Toujours avec respect et courtoisie, sachant que le Sénégal est un pays démocratique et laïc, mais à forte majorité musulmane (90%).
– Soutenir financièrement les familles concernées.
– Leur faire une visite si vous prévoyez d’aller au Sénégal ces prochaines semaines (la prison accepte des visiteurs)
– Tous autres types d’action.
Recevez d’avance les chaleureux remerciements pour tout ce que vous ferez en leur faveur !

>>> plus d’infos (lettre du fils du missionnaire et galerie de photos)
>>> quelques articles en portugais


Les enfants des rues avec la famille du pasteur Da Silva

Source : Merci à http://www.blogdei.com/24330/senegal-deux-missionnaires-bresiliens-en-prison-depuis-4-mois-pour-avoir-accueilli-et-evangelise-des-enfants-des-rues/

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