Le Midrash, interprétation de la Bible selon la sagesse juive

Article de Jacob Prasch.

Il faut interpréter la Bible selon la sagesse juive et non la philosophie grecque.

Source http://www.moriel.org/sermons/midrash.htm

Dans cet article, Jacob Prasch explique de quelle manière les auteurs du Nouveau Testament ont interprété l’Ancien Testament. Cette méthode d’interprétation est celle du « Midrash » Hébreu, et non celle des Réformateurs Protestants.

Le Midrash est la méthode d’interprétation biblique (ou encore « herméneutique ») employée par les anciens Rabbis, à l’époque de Jésus et de Paul. Le Midrash incorpore une exégèse grammaticale et historique, mais il n’a que de vagues rapports avec les modèles occidentaux d’interprétation biblique, modèles que les Réformateurs ont empruntés aux Humanistes du 16e siècle, et qui ne correspondaient qu’aux premières étapes du Midrash.

Le Midrash devait interpréter des textes bibliques de différents genres : narratifs, poétiques, apocalyptiques, proverbiaux… Il s’efforçait de déterminer des relations cognitives entre ces différents textes bibliques, afin de les interpréter, les uns à la lumière des autres. C’est une approche plus thématique que linéaire.

Les principes directeurs les plus clairs du Midrash sont les « Sept Midroth », attribués au Rabbin Hillel, fondateur de l’Ecole Pharisaïque de Hillel, dans laquelle fut éduqué l’apôtre Paul, aux pieds du Rabbin Gamaliel, petit-fils de Hillel.

Le Midrash utilise beaucoup l’allégorie et la typologie pour illustrer et éclairer la doctrine, mais n’en fait jamais le fondement de la doctrine. Il détermine des multiples significations des textes bibliques, comme des strates superposées. Mais cette méthode est très différente, dans certains de ses aspects fondamentaux, des méthodes Gnostiques et Alexandrines de l’interprétation figurative, telles que celles de Philon et d’Origène. Le Midrash reflète la théologie hébraïque, beaucoup plus que la philosophie hellénique.

Le Midrash interprète la prophétie comme un modèle cyclique d’événements historiques. Ainsi, la même prophétie peut avoir plusieurs accomplissements successifs, jusqu’à un accomplissement ultime associé au point final du processus de la rédemption. Dans le Judaïsme, une œuvre classique du Midrash est le « Midrash Rabba » sur la Genèse. Un autre est le « Rabba des Lamentations ».

Le Midrash suit certaines formes précises. L’une d’entre elles est le Mashal/Nimshal, telle qu’on la voit dans les Proverbes ou les paraboles, où certaines choses physiques représentent des vérités spirituelles. Dans le Nouveau Testament, on peut voir cette forme midrashique dans l’épître de Jude, ou dans Galates 4 :24-34. C’est le Midrash qui permet d’expliquer de quelle manière le Nouveau Testament utilise l’Ancien Testament.

Une autre forme de Midrash est représentée par les « parashiyot », ou sections s’ouvrant par un verset de base, suivi par des commentaires. Il y a le Midrash exégétique, mais aussi les Midrashim homilétiques, arrangés par sujets argumentés. On peut en voir des exemples dans l’enseignement de Jésus dans les Evangiles. Il existe aussi beaucoup d’autres types de littérature midrashique, mais qui sont de moindre importance pour l’étude du Nouveau Testament.

Si l’on n’a pas été éduqué dans le Judaïsme, ou que l’on n’a pas de connaissance de l’Hébreu, il est plus facile de démontrer le Midrash que de l’expliquer. Dans notre ministère, nous avons déjà publié divers enseignements montrant, d’une manière pratique, de quelle manière nous pouvons employer le Midrash pour interpréter les Ecritures. A titre d’exemple, je pourrais citer notre enseignement sur « Le puits de Jacob », interprétation midrashique du chapitre 4 de l’Evangile de Jean, afin de dénoncer les enseignements du Catholicisme Romain.

Si vous étudiez la manière dont le Nouveau Testament cite l’Ancien Testament, il est clair que les apôtres n’ont pas employé les méthodes Protestantes occidentales d’exégèse ou d’interprétation. Jésus était un Rabbi, tout comme Paul. Ils ont interprété la Bible comme le faisaient tous les autres Rabbis, selon les méthodes du Midrash.

L’Eglise primitive, peu à peu, a mal tourné ! Elle s’est éloignée de ses racines juives. A mesure que de plus en plus de Gentils se convertissaient au Christianisme, ce contre quoi Paul nous mettait en garde (par exemple dans Romains 11), a fini par se réaliser : les Chrétiens ont perdu de vue leurs racines juives.

Chaque fois que vous modifiez votre perception du monde, vous modifiez aussi votre théologie. Il existe une manière positive de modifier la théologie, qui consiste à adapter la doctrine à un nouveau contexte culturel. Mais il existe aussi une manière négative de modifier la théologie, qui consiste à redéfinir la doctrine !

Par exemple, quand les traducteurs de la Bible ont dû traduire Esaïe 1 :18 à l’intention des tribus de l’Afrique équatoriale, ils ont dû adapter ce texte à la réalité de populations qui n’avaient jamais vu de neige ! « Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ». C’est ainsi qu’ils ont traduit : « … ils deviendront blancs comme la pulpe de coco » ! C’est cela « adapter la doctrine à un nouveau contexte ». On prend la même vérité, et on l’adapte au contexte d’une autre culture ou d’une autre perception du monde. Cette manière de faire est parfaitement légitime. Elle ne touche pas au message fondamental de la Bible, contrairement à la redéfinition.

Au lieu d’expliquer ce que la Bible dit, mais d’une manière différente, la redéfinition change le sens de la Bible, ce qui est à proscrire. C’est ce qui s’est passé dans l’Eglise primitive. Quand l’empereur Constantin eut fait du Christianisme une religion d’Etat, on a commencé à redéfinir les Evangiles, d’une manière de plus en plus radicale.

Certains des premiers Pères de l’Eglise pensaient que ce qu’il y avait de meilleur dans la théologie grecque, par exemple les idées monothéistes de Platon et de Socrate, pouvaient préparer le monde grec à la venue de Jésus, de la même manière que la Torah avait préparé le monde juif. Cela pouvait être vrai, mais jusqu’à un certain point seulement.

Il existe une manière de penser hellénistique, et il existe aussi une manière de penser hébraïque. Paul utilisait les deux. Quand Paul parlait à des Juifs, il employait la manière hébraïque de penser. Mais quand il a prêché l’Evangile aux Athéniens, sur l’Aréopage (Actes 17 :22-31), il a employé la manière hellénistique de penser. Les Juifs demandent des miracles, les Grecs recherchent la sagesse. On peut rechercher les deux, à condition que ce soit d’une manière biblique.

Mais il y a eu un problème, à partir du moment où l’on a cherché à helléniser la foi juive. Au lieu d’adapter l’Evangile pour le faire comprendre aux Grecs, on a commencé à leredéfinir en termes grecs. Cela s’est passé tout particulièrement à Alexandrie, à l’époque d’Origène. Mais c’est devenu un problème majeur après Constantin. Avec l’introduction des enseignements de Saint Augustin, et de ceux qui l’ont influencé, Saint Cyprien de Carthage, Saint Ambroise, et d’autres.

Depuis Platon et Socrate, les Grecs connaissaient beaucoup de choses qui étaient vraies, par exemple que l’homme était créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Tous les hommes, même ceux qui n’ont aucune culture judéo-chrétienne et qui ne connaissent pas la Bible, savent naturellement qu’il existe un vrai Dieu, et que l’homme est pécheur dans sa nature (Romains 1 :18-20).

Nous pouvons accepter certains aspects de la théologie grecque, mais seulement si elles sont en accord avec la Bible. Mais quand on commence à redéfinir et à réinterpréter l’Evangile à la lumière de la pensée grecque, nous sommes confrontés à un problème. Les Grecs croyaient au Dualisme. Ils croyaient que tout ce qui appartenait au monde physique était mauvais, et que tout ce qui appartenait au monde spirituel était bon.

Les Grecs pouvaient être d’accord avec cette phrase de la Genèse : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » (Jean 1 :1). Mais quand ils lisaient le verset 14, ils n’étaient plus d’accord : « Et la parole a été faite chair ». Les Grecs croyaient que tout ce qui était physique était mauvais, simplement parce que c’était physique. La Bible nous enseigne que ce qui est spirituel et ce qui est physique ont été créés pour être en harmonie. Il ne devait pas y avoir de contradiction ni de conflit entre le physique et le spirituel. La chair est passée par la chute, il est vrai, mais il n’y a rien de mal en soi dans les éléments physiques.

Saint Augustin n’a pas adapté la doctrine biblique à un nouveau contexte, mais il a redéfini le Christianisme, et l’a transformé en religion platonicienne. Saint Augustin disait, par exemple : « La seule bonne chose dans le mariage, c’est qu’il permet d’avoir des enfants qui resteront célibataires ».

Les Manichéens, qui enseignaient que le premier péché fut d’avoir des relations sexuelles, ont introduit ces idées dans le monde grec. C’est pourquoi, jusqu’à aujourd’hui, le Catholicisme Romain n’a pas une approche saine de la sexualité, et qu’il a introduit tant de restrictions et d’interdits dans ce domaine. C’est aussi pour cela que les Catholiques Romains ont mauvaise conscience en ce qui concerne les relations sexuelles au sein du mariage.

Les gens ont commencé à réinterpréter la Bible. Ils ont abandonné la méthode juive du Midrash, pour adopter les méthodes grecques. Le Midrash emploie la typologie et l’allégorie (ou le symbolisme) pour illustrer et éclairer la doctrine biblique. Par exemple, Jésus est « l’Agneau Pascal ». Le symbolisme de la Pâque Juive illustre parfaitement la doctrine de l’expiation. Mais nous ne fondons jamais la doctrine de l’expiation sur le symbolisme. Le symbolisme illustre la doctrine, mais la doctrine est exposée clairement dans d’autres passages de l’Ecriture.

Dans le monde gnostique de la pensée grecque, c’est le contraire qui se passe. Les Gnostiques prétendent avoir reçu une révélation intérieure et subjective (appelée « gnose »), représentée par des symboles. Ils réinterprètent donc le sens clair du texte de l’Ecriture, à la lumière de cette révélation intérieure. Pour les Gnostiques, c’est le symbolisme qui est la base de leur doctrine, contrairement aux antiques méthodes juives.

Ces méthodes ont commencé à s’introduire dans l’Eglise par des hommes qui étaient influencés par Philon. Les enseignements de ce dernier s’infiltrèrent progressivement dans le Catholicisme Romain, au point que Saint Augustin a pu dire : « Puisque Dieu a usé de violence pour convertir Paul, l’Eglise peut user de violence pour convertir les hommes » ! C’est cela qui a conduit aux Croisades, à l’Inquisition en Espagne, et à bien d’autres excès. Au lieu de modifier le contexte de la doctrine, on a redéfini l’Ecriture. On a lu un livre juif comme s’il s’agissait d’un livre grec. Ce fut une grande erreur.

Cela a commencé avec Origène en Orient et avec Saint Augustin en Occident, puis les choses ont graduellement empiré au cours des siècles. Cela est devenu franchement mauvais au Moyen Age, avec ce que l’on a appelé la Scolastique. Les idées d’Aristote ont été absorbées par l’Islam. Puis les Croisades ont réintroduit ces idées en Europe, jusque dans le Catholicisme médiéval. De son côté, Moïse Maimonide a réécrit le Judaïsme pour le transformer en religion aristotélicienne. Puis Saint Thomas d’Aquin a réécrit le Christianisme pour le transformer aussi en religion aristotélicienne.

C’est alors qu’ont paru les Réformateurs. Ils ont tenté de corriger toutes les erreurs qui avaient pénétré dans le Catholicisme Romain. Malheureusement, si les Réformateurs furent des personnalités dynamiques, ils ne furent pas des penseurs dynamiques. La Réforme est issue de ce que l’on a appelé l’Humanisme. Il faut noter que les premiers Humanistes n’étaient pas Chrétiens. Les meilleurs Humanistes furent Thomas A. Kempis, Jean Colet, et Jacques Lefèvre. Mais le plus grand d’entre eux fut Erasme de Rotterdam. Luther, Calvin, Zwingli et les autres Humanistes empruntèrent leurs idées à Erasme. Erasme et les autres Humanistes se sont efforcé d’étudier et d’enseigner la Bible en ne retenant que son sens littéral le plus clair, afin d’éviter tous les abus du Catholicisme Romain. Ils ont souligné le fait que nous devions lire la Bible comme un ouvrage littéraire et historique. Ce sont eux qui nous ont légué le système d’exégèse grammaticale et historique que les églises Protestantes ont continué à utiliser depuis cette époque.

Le problème des Réformateurs, c’est justement qu’ils se sont contentés de ce système. Ils ont construit un ensemble de règles pour mettre en œuvre leur système d’exégèse grammaticale et historique, afin de réfuter le Catholicisme Romain médiéval. Beaucoup de ces règles sont toujours enseignées dans les Universités de Théologie aujourd’hui. L’une de ces règles est la suivante : « Un passage des Ecritures peut avoir plusieurs applications, mais une seule interprétation ». C’est complètement faux ! Même le Talmud nous dit qu’il peut y avoir plusieurs interprétations à un passage biblique. Jésus pensait-Il comme les Réformateurs, ou comme les autres Rabbis ?

Par exemple, Jésus a dit : « Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas » (Matthieu 12 :39). Quel était donc ce « miracle du prophète Jonas » ? Jésus Lui-même dit ensuite : « Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre » (verset 40). Mais Il a dit aussi : « Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils se repentirent à la prédication de Jonas ; et voici, il y a ici plus que Jonas » (Luc 11 :32). Il voulait dire que les Gentils allaient se repentir, alors que les Juifs ne se repentiraient pas. C’est aussi cela, le « miracle du prophète Jonas ».

Jésus a donc Lui-même donné deux interprétations différentes de ce miracle de Jonas, et toutes les deux sont également valides. Ainsi, quand l’exégèse Protestante affirme qu’il ne peut y avoir qu’une seule interprétation, elle s’écarte de la pensée de Jésus.

Une autre règle de l’exégèse Protestante affirme que « nous n’avons pas besoin de rechercher d’autres significations au texte de l’Ecriture, si ce texte est parfaitement clair en lui-même ». Acceptez l’Ecriture telle qu’elle est écrite, point ! C’est également tout à fait erroné !

Un Juif du premier ou du deuxième siècle, converti au Christianisme, en lisant les trois premiers chapitres de l’Evangile de Jean, aurait sans doute dit qu’il s’agissait du récit de la « nouvelle création ». Il aurait vu que Dieu avait foulé la terre dans la Genèse, et qu’Il foulait à nouveau la terre dans l’Evangile de Jean, mors de la nouvelle création. Il aurait vu que l’Esprit Se mouvait à la surface des eaux, et avait créé toutes choses dans la Genèse, et qu’à présent, dans l’Evangile de Jean, l’Esprit Se mouvait à nouveau sur les eaux, et opérait une nouvelle création. Il aurait vu que la Genèse parlait d’un petit luminaire et d’un grand luminaire et qu’à présent, dans l’Evangile de Jean, il y avait à nouveau un petit luminaire, Jean-Baptiste, et un grand luminaire, Jésus.

Le figuier, dans le Midrash, dans le symbolisme Juif, représente l’arbre de vie que l’on peut voir dans la Genèse, dans Ezéchiel 47, et dans l’Apocalypse. Ainsi, quand Jésus dit à Nathanaël : « Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu », il ne voulait pas simplement lui dire qu’Il l’avait vu sous un figuier littéral (ce qui était pourtant exact), mais qu’Il l’avait vu depuis le jardin d’Eden, et même depuis la fondation du monde.

En lisant la Bible des seuls points de vue littéraire et historique, comme l’ont fait les Humanistes, vous n’en comprendrez qu’une faible partie. Les Humanistes ont voulu réagir contre la Scolastique médiévale et le Gnosticisme, sur lesquels se fonde une grande partie du Catholicisme Romain. Toutefois, cette approche empêche de comprendre toute la profondeur des Ecritures. En employant leur méthode grammaticale et historique, les Réformateurs ont pu redécouvrir certaines vérités, comme le salut par la foi ou l’autorité des Ecritures. Mais c’est tout ce qu’ils ont pu voir. Ils n’ont pas pu aller plus loin.

Martin Luther considérait que l’épître aux Romains était le principal livre de la Bible. Il rejetait complètement le Livre de l’Apocalypse. Pourtant, le Livre de l’Apocalypse est le Livre des derniers jours. Luther admettait lui-même que l’on ne pouvait pas comprendre ce Livre avec une mentalité Protestante.

Où est donc le problème ? Est-il dans le Livre de l’Apocalypse ? Ou est-il dans la mentalité Protestante ? Nous devons faire très attention. Daniel (Daniel 12 :4) et Jean (Apocalypse 10 :4) ont tous deux reçu l’ordre de « sceller ces choses » jusqu’au temps de la fin. Quand le temps de Dieu sera accompli, l’interprétation de ces livres sera révélée aux fidèles du Seigneur.

Quand vous voyez certains vous présenter toutes sortes de diagrammes et de plans, pour vous dire qu’ils ont reçu une pleine révélation des événements de la fin, et de tout le Livre de l’Apocalypse, méfiez-vous ! Ce livre sera scellé jusqu’au moment fixé par Dieu. Puis Dieu le révèlera en Son temps, de la manière qu’Il a choisie. En outre, Il le fera progressivement, étape après étape. La première étape consistera à relire la Bible avec la mentalité juive, et non avec la mentalité grecque, comme un Livre juif et non un Livre grec.

Les Epîtres sont des commentaires d’autres passages de l’Ecriture. Elles expliquent d’une manière très pratique ce que d’autres passages de l’Ecriture enseignent. Il n’est pas faux de lire les Epîtres sous l’angle littéraire et historique, en employant la méthode grammaticale et historique. Mais il y a toutes sortes de styles littéraires dans la Bible : les Psaumes (style poétique), l’Apocalypse (style apocalyptique), les Evangiles (style narratif), ou les Proverbes (style sapiential).

Vous ne lisez pas une lettre comme vous lisez un poème. Vous ne lisez pas une épître de Paul comme vous liriez une lettre de votre tante Amélie ! En lisant les Epîtres, vous vous rendez compte que les apôtres n’utilisaient pas la méthode grammaticale et historique pour interpréter la Bible. Par exemple, l’Epître aux Hébreux est un commentaire sur le symbolisme du système sacerdotal Lévitique et du Temple de Jérusalem. Relisez l’Epître aux Galates, à partir de 4 :24, l’histoire des deux femmes. C’est un pur Midrash concernant l’objectif de la Loi ! Lisez l’épître de Jude, c’est de la littérature midrashique. Les apôtres ne lisaient pas les Ecritures en employant la méthode grammaticale et historique du Protestantisme !

Il y a différentes sortes de prophéties dans la Bible. Pour comprendre les derniers jours, il nous est important de comprendre les prophéties qui concernent le Messie, et celles qui concernent les temps de la fin. C’est très important si nous voulons comprendre la prophétie biblique. Selon la manière de penser occidentale, héritée de l’Humanisme du 16e siècle, une prophétie comporte une seule prédiction et son accomplissement.

Selon la mentalité Juive, une prophétie ne consiste pas seulement en l’accomplissement d’une certaine prédiction. Il s’agit plutôt d’un modèle répétitif, qui peut avoir plusieurs accomplissements successifs, jusqu’à un grand accomplissement final. Chacun de ces accomplissements progressifs nous enseigne quelque chose sur le grand accomplissement final. Par exemple, c’est au cours d’une famine qu’Abraham se rendit en Egypte (Genèse 12 :10-20). Dieu jugea alors Pharaon. Abraham et sa famille sortirent d’Egypte, emportant avec eux les richesses de l’Egypte, et allèrent dans la Terre Promise. Les descendants d’Abraham refirent la même expérience. C’est au cours d’une famine qu’ils se réfugièrent en Egypte (Genèse 42). Dieu jugea de nouveau Pharaon, qui était un méchant roi. Les descendants d’Abraham quittèrent l’Egypte, emportant avec eux les richesses de l’Egypte (Exode 12 :36), et ils partirent pour la Terre Promise.

Ce qui est arrivé à Abraham est aussi arrivé à ses descendants. Puis les mêmes choses sont arrivées à Jésus. Un ange du Seigneur est apparu à Joseph, lui disant : « Prends le petit enfant et sa mère, et fuis en Egypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr » (Matthieu 2 :13). « Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Egypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : J’ai appelé mon fils hors d’Egypte » (versets 14 et 15).

Matthieu dit que Jésus sortit d’Egypte après la mort du méchant roi Hérode, accomplissant ainsi la prophétie d’Osée : « Quand Israël était jeune, je l’aimais, et j’appelai mon fils hors d’Egypte » (Osée 11 :1). Or il est clair que le chapitre 11 d’Osée concerne Israël et son départ d’Egypte, sous la conduite de Moïse. Sur un plan grammatical et historique, ce passage nous parle de l’Exode, et non du Messie. Pourtant, Matthieu semble extraire ce passage de son contexte apparent, pour l’appliquer à Jésus, d’une manière qui pourrait nous apparaître abusive. Devons-nous nous demander si Matthieu avait raison de faire cela ? Ou plutôt si la manière Protestante d’interpréter la Bible présente de graves lacunes ?

La pensée de Matthieu est correcte, et il n’y a rien de mauvais dans le Nouveau Testament. Mais il y a quelque chose de mauvais dans notre mentalité Protestante. Dans la pensée juive, je le répète, la prophétie n’est pas une prédiction unique, mais un modèle prédictif qui se répète. Abraham sortit d’Egypte quand Pharaon fut jugé. Ses descendants aussi sortirent d’Egypte, quand un autre Pharaon, un méchant roi, fut jugé. Puis le Messie sortit d’Egypte, au moment où un autre méchant roi fut jugé. La même prophétie reçut plusieurs accomplissements successifs.

Selon le Midrash, « Israël » fait allusion au Messie, donc à Yeshua (Jésus). Quand vous lisez des versets comme : « Israël est mon fils, mon premier-né » (Exode 4 :22), il s’agit d’allusions midrashiques au Messie.

Dans 1 Corinthiens 10, nous voyons quelque chose de nouveau se produire. C’est nous, les Chrétiens, qui sommes sortis de l’Egypte, qui représente, selon Paul, le monde. Pharaon, qui était déifié par les Egyptiens, et adoré comme Dieu, est le symbole du diable, le dieu de ce monde. De même que Moïse avait fait une alliance dans le sang et avait aspergé le peuple du sang de l’alliance, ainsi, Jésus a conclu une nouvelle alliance en Son sang, et nous a aspergés de ce sang.

Moïse a jeûné 40 jours, et Jésus a aussi jeûné 40 jours. Jésus est le Prophète semblable à Moïse, annoncé par Deutéronome 18 :18. De même que Moïse a conduit les enfants d’Israël hors d’Egypte, en traversant la Mer Rouge, pour aller dans la Terre Promise, ainsi, Jésus nous a fait sortir du monde, en passant par le baptême d’eau, pour entrer (d’abord dans la marche par l’esprit, puis) dans le Ciel. Tout s’accomplit selon le même modèle.

Dans Exode 15 :1, nous lisons, dans le Cantique de Moïse, que « le cheval et son cavalier ont été précipités dans la mer ». Dans Apocalypse 15 :3, ce même cantique de Moïse est chanté dans les cieux. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un modèle répétitif. L’accomplissement final de notre « sortie d’Egypte » sera la résurrection et l’enlèvement de l’Eglise.

Les jugements qui se sont abattus sur l’Egypte, dans le livre de l’Exode, annoncent les jugements de l’Apocalypse. De même que les magiciens de Pharaon furent capables de contrefaire les miracles de Moïse et d’Aaron, ainsi, l’Antichrist et le Faux Prophète vont contrefaire les miracles de Jésus et de Ses témoins. Les Hébreux emportèrent avec eux les os de Joseph quand ils sortirent d’Egypte (Exode 13 :19). Pourquoi ? Parce que ce sont « les morts en Christ qui ressuscitent les premiers » ! C’est toujours le même modèle qui se reproduit.

Selon la mentalité des Juifs qui ont écrit le Nouveau Testament, la prophétie n’est donc pas une prédiction qui s’accomplit une fois, mais un modèle répétitif dans toute la Bible. Pour comprendre ce qui va se produire dans le futur, il nous suffit d’étudier ce qui s’est produit dans le passé ! La même prophétie donne donc lieu à de multiples accomplissements, chaque accomplissement successif nous enseignant quelque chose sur le grand accomplissement final.

Vous ne comprendrez donc jamais le Livre de l’Apocalypse en utilisant une approche limitée de l’interprétation biblique, telle qu’on l’enseigne dans les Universités de Théologie Protestantes ! Le Midrash est semblable à une équation mathématique différentielle très complexe, du treizième ou quatorzième degré ! Certains utilisent simplement les deux premiers degrés de la méthode grammaticale et historique, en pensant qu’il n’y a plus rien à faire ! Il n’y a aucun mal à utiliser cette méthode grammaticale et historique. Mais ce n’est qu’un premier pas nécessaire, un simple préliminaire indispensable. Mais il y en a bien d’autres !

Il nous faut revenir à la sagesse juive antique pour comprendre ces choses ! « C’est ici lasagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six » (Apocalypse 13 :18). Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de la sagesse du 16e siècle, mais de la sagesse du premier siècle !

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